01/08/2001 - Nicolas Payart
Entre dans la folie - Chapitre II - Le réveil

NICO se réveilla en sursaut. Les cloches de la cathédrale résonnaient dans sa tête. Elles l'avaient encore réveillé juste au moment où il allait conclure. Il se souvint tout d'un coup qu'il s'était endormi devant la télé, la veille. Pourtant, il était dans son lit maintenant. Il alla voir dans le salon. La télé était éteinte. Il se mit à rire : Il avait fait un rêve, ou plutôt un cauchemar. Il se souvenait bien maintenant... Il avait rêvé qu'il découpait Charles en morceaux. C'était assez ridicule. Pourquoi aurait-il pensé à un chose aussi affreuse, lui qui détestait la violence. Il alla prendre son petit déjeuner. Il ne remarqua pas la tâche de sang sur le coin de la table. Il se demandait ce qu'il allait bien pouvoir faire aujourd'hui... Peut-être allait-il enregistrer un nouveau morceau de musique. Il avait déjà quelques idées en tête. Depuis la mort de Tanguy il n'avait pas reformé de groupe. Il enregistrait toujours des morceaux de temps en temps, mais il ne voulait jouer avec personne d'autre. Ah..., si la drogue ne l'avait ainsi séduit, ils seraient peut-être des "Rocks Stars" à l'heure qu'il est. Enfin, c'était du passé maintenant, tout ça. Les cloches de la cathédrale résonnaient toujours dans sa tête. Elles sonnaient de plus en plus fort, c'était affreux. Il en fit tomber sa tasse de thé qui se brisa sur le carrelage. "Non, jamais plus" cria-t-il. "Vous ne sonnerez jamais plus!!!". Il s'habilla rapidement et alluma son ordinateur. Il devait toujours avoir la notice que Max lui avait donné et qui permettait de fabriquer... une bombe. Il fallait qu'il la retrouve. Il allait bien rigoler encore aujourd'hui. ll retrouva rapidement le fichier en question. Il avait à sa disposition plusieurs dispositifs possibles. Il imprimât le premier, sans réfléchir. C'est avec ce document que Tanguy avait commencé à toucher à la drogue. Il avait d'abord appris à la fabriquer. Il a ensuite vite appris à l'utiliser... En fait, il n'était pas très compliqué de fabriquer un bombe. C'était seulement un petit peu risqué. Ca pouvait à tout moment vous sauter à la gueule. Mais NICO n'avait pas peur. Il n'avait plus peur de mourir depuis que toute sa famille avait été décimée par un fou. Et puis de toutes façons, il savait qu'après sa mort, il irait sur Kobaïa. Il se mit donc à l'oeuvre, dans la cave de son atelier. Il avait tout ce qu'il fallait. Il en avait fabriqué plusieurs quelques années auparavant. Mais jamais il n'avait endommagé quoi que ce soit, ni blessé qui que ce soit. Cette fois-ci, ça allait sûrement faire de gros dégâts. Le plus important était que la cloche ne sonne plus tous les matins. Cela faisait trop longtemps qu'il supportait ainsi leurs mascarades. Il détruisait tous les éléments perturbateurs qui pouvaient lui nuire. Aussi, il était bien content que Charles fut ainsi réduit à de la charcuterie. Il se rappela de Kerry, qu'il avait connu, plus jeune. Elle aussi était une destructrice et c'est pour ça qu'il l'appréciait. Cela faisait au moins trois ans qu'il ne l'avait pas revu. Enfin bon, il avait autre chose à penser pour le moment. En plus, tout était écris en Anglais, et NICO ne comprenait pas tout. Il fallut plusieurs jours avant que la bombe ne soit complètement finie. Mais NICO avait appris à être patient. Il était bien obligé, de toutes façons. C'était un dispositif tout simple : Un déclenchement à minuterie. Elle n'était pas très grosse, mais pourtant, elle ne rentrais pas dans son sac à dos. NICO était fort embêté. Il fallait qu'il grimpe tout en haut de la cathédrale, et un sac à dos aurait été des plus utiles. Bien sûr, il aurait pu en acheter un neuf, mais il ne voulait pas dépenser d'argent pour ces salops qui l'empêchaient de dormir tous les matins. Il se rappela alors avoir vu Charles avec un sac à dos plus grand que le sien. C'est dommage, il était mort maintenant... Peut-être pouvait-il en voler un dans un magasin. Mais non, NICO n'oserait jamais faire ça. Non seulement il aurait peur de se faire coincer, mais en plus il avait toujours détesté tous les voleurs. Il en avait d'ailleurs découpé plus d'un pour cette raison. La seule solution serait alors d'aller chez Charles chercher le sac à dos. Mais comment rentrer chez lui, sans les clefs...? A moins que ses clefs ne soient tout simplement restées dans la cave...? C'est là qu'il l'avait torturé avant de lui ouvrir le ventre. Peut-être étaient-elles tombées lorsqu'il l'avait pendu au plafond par les pieds? Il pouvait toujours aller voir. Il rentra à la maison, et fouilla dans les tiroirs de son bureau.... Les clefs de la cave devaient se trouver quelque part par là. Mais rien à faire, il ne les trouvait point. Pourtant, il s'en était bien servi, la semaine dernière, non? Il chercha ses clefs de cave pendant deux heures lorsqu'il décida d'aller demander les clefs de la voisine. "Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt...?", se dit-il. En fait, il savait très bien pourquoi il n'osait pas demander les clefs à la voisine. Il avait découpé son frère en tranches, quelques mois auparavant. Pourtant, il les aimait bien ses voisins, mais ils venaient souvent le réveiller le midi, et il ne supportait pas qu'on vienne le réveiller le matin. Mais comme il les aimait bien quand même, il n'en avait trituré qu'un sur deux. Et depuis le drame, la voisine ne s'était pas montrée chez lui. Il pensait qu'elle avait des doutes quant à son implication dans ce qui s'était passé. Et la disparition de Charles, qu'elle avait sûrement appris dans les journaux, n'arrangerait rien. C'est en repensant à tout ça qu'il se souvint où il avait mis les clefs de la cave. Elles étaient tout simplement sur le trousseau de ses clefs d'appartement. "Tout ça pour rien", pensa-t-il. Enfin bon, maintenant, il pourrait aller fouiller dans sa cave, histoire de retrouver ces putains de clefs qui commençaient à sérieusement lui prendre la tête. Surtout qu'il ne les retrouverait peut-être pas... Il descendit les marches tranquillement mais en appuyant bien sur les talons. Il aimait bien le bruit que faisait le frottement de ses bottes sur les marches de la cave. Il y avait toutes sortes de petits déchets sur les marches et ça craquait à chaque fois qu'on y posait le pied. Il entra dans sa cave. La lumière était allumée. Bizarre.... Il n'oubliait jamais d'éteindre la lumière. Mais il devait trouver les clefs de Charles, et il ne prit pas garde à ce détail. La cave était plutôt bien rangée en général, et il ne mit pas longtemps à les trouver. Il ne lui resterait plus qu'à aller chez Charles récupérer le sac à dos. Il éteignit la lumière et remonta chez lui en appuyant bien sur la pointe des pieds pour faire craquer les marches. En fait, il aurait préféré appuyer sur le talon, mais il avait les pieds tellement grands que ses talons ne touchaient pas les marches, quand il remontait de la cave. Il était tard et il se dit qu'il mangerait bien des crêpes à la banane. Malheureusement, il n'avait pas de bananes et il n'avait que des galettes. "Tant pis, Charles a sûrement ça chez lui", se dit-il. Il décida donc d'aller sans plus tarder chez son copain Charles. Il réfléchit un moment... Puis se posa la question : "Mais, au fait, où est-ce qu'il habite, Charles?". En effet, c'était une question qu'il n'avait jamais eu l'occasion de se poser, puisqu'il n'allait jamais le voir. Il finit par rechercher dans l'annuaire. Il y avait deux "Charles" qui portaient le même nom. Tant d'embûches semblaient se dresser devant lui... Qu'allait-il faire? En prendre un au hasard en espérant qu'il tomberait sur le bon? Oui, sans doutes allait-il faire ça. De toutes manières, quel choix avait-il? Il commença logiquement par le deuxième nom. C'était en fait parce que c'était le moins loin. Il attendit la nuit pour y aller. Il passa le reste de la journée à écouter les cassettes qu'il avait enregistré tout au long de sa carrière de musicien raté. Un peu avant minuit, il enfila sa combinaison noire, qu'il mettait souvent quand il sortait le soir et qu'il ne comptait pas se salir. Mais il savait qu'il aurait peut-être à se salir, s'il tombait sur le mauvais appartement. Mais bon, il n'avait rien d'autre à se mettre de toutes façons. Il sortit par la fenêtre, comme à son habitude. Il s'engagea dans les rues sombres de la ville, avec l'habileté et la discrétion d'un chat. NICO aimait les chats, surtout les noirs. Il en avait mangé à plusieurs reprises. La viande est très tendre, ça ressemble à du lapin en quelques sortes. Mais il avait plutôt faim de crêpes-banane à ce moment là. Il arriva devant l'immeuble de Charles. Il y avait un Interphone à la porte d'entrée. Mais heureusement, il avait aussi les clefs de l'entrée. Il enfonça délicatement la clef dans la serrure et réussi à ouvrir la porte. C'était donc le bon immeuble. Il était soulagé car s'il s'était trompé d'appartement, il aurait dû aller à l'autre adresse et il trouvait ça loin. Il monta au deuxième étage. D'après la boite aux lettres, c'est là qu'il habitait. Il ouvrit la porte sans problème. Apparemment, personne n'était là. De toute façons, il était rassuré avec toute sa collection de scalpels dans son manteau. Il se dirigeât vers la cuisine en espérant trouver des crêpes et des bananes. Il n'avait pas allumé la lumière pour ne pas éveiller l'attention des voisins et il se prit les pieds dans une rallonge électrique. Il jura après Charles et après le bordel qui régnait dans son taudis. Il était bien content de lui avoir arraché toutes les dents avant de lui couper les oreilles. Il ouvrit le frigo. Une canette d'Orangina rouge tomba par terre. Il se baissa pour la ramasser mais elle roula sous le buffet. Il était déjà assez énervé d'être tombé par terre et il donna un grand coup de pied dans la porte du frigo. Une autre canette, de Pepsi cette fois, tomba du frigo. Elle était éventrée de tout son long, et NICO eut plaisir à contempler le massacre. Il se demanda pourquoi Charles avait eut une réaction aussi violente à l'égard de cette pauvre canette de Pepsi MAX. Il se baissa pour ramasser la canette d'Orangina rouge. Il la décapsula et la posa sur le buffet sans l'entamer. Il voulait d'abord manger des crêpes à la banane. Il trouva des crêpes toutes moisies et décida de les jeter dans le vide ordure. Mais il y avait une banane qui avait l'air en bonne état. Il l'éplucha soigneusement avant de la couper en rondelles avec un de ses scalpels. Il mélangea les rondelles de banane puis commença à reconstituer le puzzle. Mais il avait tellement faim qu'il n'eut pas le temps de finir son jeu. Il engloutit les rondelles de bananes d'une seule traite, et arrosa le tout d'une bonne giclée d'Orangina à l'orange sanguine. NICO n'était pas très poilu mais il aimait bien les bananes. Il décida de se mettre à la recherche du sac à dos. L'appartement était malheureusement plutôt grand, et poicreux par dessus tout. Il détestait le désordre, même s'il ne rangeait pas souvent chez lui, non plus. Mais le fait que ce soit Charles qui ait tenu cet appartement en désordre l'irritait par dessus tout. Il se dirigea vers la chambre (Du moins pensait-il que c'était la chambre, vu qu'il n'était jamais venu auparavant). Il avait vu juste, c'était bien la chambre de Charles. Il reconnaissait bien là son mauvais goût. De plus, une odeur fétide et poicreuse empestait dans la pièce, et NICO se retint de ne pas vomir partout. Il se dit que s'il vomissait, on aurait facilement retrouvé sa trace, avec les analyses génétiques. Il chercha d'abord dans la bibliothèque, puis dans l'armoire à pharmacie (où il ne trouva qu'une boite de lubrifiant) avant de se rappeler ce pourquoi il était venu. NICO était souvent trop distrait, et cela le perdrait sans doute un jour. Il finit par trouver le fameux sac à dos dans l'armoire à vêtements. Il fut fort étonné de le trouver dans un endroit aussi incongru, mais, avec Charles, il ne s'étonnait plus de rien. Il contempla un moment le sac à dos. Il paraissait suffisamment grand pour y mettre les explosifs, mais quelque chose semblait manquer. En effet, après quelques minutes de tâtonnement, et d'après ce qu'il voyait à la lumière de la lune, il remarqua que le sac était complètement éventré dans le dos, et qu'il manquait les lanières. Cela était fort embêtant, car NICO ne saurait jamais recoudre une telle chose. Décidément, Charles était assez cruel avec les objets, et NICO trouvait cela relativement choquant de sa part. Il décida finalement de laisser le sac à dos là où il l'avait trouvé, et sorti de la pièce. Il n'entendit pas qu'au même moment quelqu'un était entré dans l'appartement.


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