01/08/2001 - Nicolas Payart
Entre dans la folie - Chapitre I - Le massacre
NICO tira le corps inerte jusqu'à la cuisine. Là, il était sûr de pouvoir nettoyer facilement les éclaboussures sur le sol, vu que c'était le seul endroit où il y avait du carrelage. Sa maman lui disait souvent que la moquette était très dure à nettoyer. Il avait retenu la leçon. Il avait un peu de mal, tout de même, car Charles devait peser dans les 80 Kg, bien qu'une partie des boyaux s'étaient déjà vidée dans la cave... Il avait l'intention de le découper en petits morceaux. En faire de gros steaks en quelques sortes. Mais il ne les mangerait pas, Oh ça, non. Il trouvait cela répugnant. Mais enfin... c'était toujours une bonne chose de faite. Il n'avait que ce qu'il méritait. NICO ressortit de l'appartement en sifflotant. Il fallait qu'il aille chercher la tronçonneuse à l'atelier. Il n'avait plus qu'à espérer qu'elle fonctionne encore, sinon, il devrait tout découper à la scie, et cela ne l'enchantait guère. En plus, NICO adorait se servir de la tronçonneuse. Il la trouva au pied de l'escalier qui montait au grenier. Elle était encore couverte de sang. Il faut dire qu'avec Charles qui venait le voir presque tous les jours, il n'avait pas eut beaucoup de temps pour la nettoyer. Mais désormais, il pourrait profiter un peu plus de ses journées. Il ramena la tronçonneuse dans un grand sac en toile. Non pas qu'on eut pu le voir se trimbaler avec cet engin, mais il pensait que de cette manière, il serait moins tenté de découper la première personne qui passerait. Il arriva devant sa porte. "Zut!! J'ai oublié l'essence", se dit-il. Il commençait à faire demi tours quand il se souvint avoir laisser un bidon dans sa chambre. Habituellement, il ne laissait pas traîner ce genre d'affaires chez lui, mais depuis la dernière fois qu'il s'était servi de la tronçonneuse, il n'avait pas eut le temps de tout remettre en ordre. Il cherchait ses clefs dans le fond de sa poche lorsqu'un homme sortit de l'appartement d'en face. C'était en fait le siège du parti communiste. Mais cette fois, il n'avait pas peur de l'homme qui descendait. Il finit par rentrer alors que l'homme ouvrait violemment la porte de la cage d'escalier. Ca y est, Il allait enfin pouvoir se prêter à son activité favorite : la découpe. Quand il était petit, NICO voulait devenir bûcheron, rien que pour utiliser un tronçonneuse. "Finalement, j'ai fini par faire Boucher", murmura-t-il en ricanant. Il vida la moitié de ce qui restait dans le bidon dans le réservoir. La machine démarra au quart de tour. Comme il se sentait puissant avec ça dans les mains... Il pourrait conquérir le monde. Il rabattit la visière de son casque et commença à tronçonner. Il avait conscience du bruit que faisait la tronçonneuse, surtout quand elle tombait sur un os, mais les voisins ne s'inquiétaient plus. NICO avait l'habitude de bricoler chez lui. Il commença par les pieds. Pour lui, les pieds avaient une grande importance. Ce sont les pieds qui supportent tout le corps, se disait-il. La taille des pieds était pour lui le premier critère de force, chez l'homme. D'ailleurs, une fois, alors qu'il allait tronçonner un de ses voisins, il s'était aperçut qu'il chaussait plus grand que lui. Jamais il n'avait vu quelqu'un chausser plus grand que lui. Et il avait décidé de ne pas le découper, celui là... Même si de toutes façons ça ne lui aurait rien changé. Mais bon, il regrettait presque de l'avoir tué. Mais cette fois-ci, Charles pouvait chausser du 56, il ne s'arrêterait sûrement pas là. Il continua sa besogne jusqu'à ce qu'il ait suffisamment de pièces pour faire un puzzle. C'était un jeu qu'il aimait. Il découpait le corps en morceaux, puis il mélangeait le tout avant de reconstituer les morceaux. Il s'amusa ainsi 1/2 heure, puis décida de tout ranger. Il répartit les morceaux dans 2 grands sacs poubelle. Heureusement il avait des gants car sans ça, depuis le temps, il aurait sans doute les mains imprégnées de cette odeur putride qui se dégageait à chaque fois. Il ferma soigneusement les deux sacs, puis les amena dans le SAS d'entrée. Il nettoya grossièrement la cuisine. Il se disait que de toutes façons, un jour ou l'autre, il devrait tout resalir, alors... Il sorti dehors, les deux sacs à la main. En plein jour, on aurait sans doute pu voir quelques taches de sang sur les sacs, mais à cette heure-ci, ils n'y avait personne pour voir quoi que ce soit. La nuit commençait à tomber. NICO adorait la nuit. Il se sentait plus dans son milieu. La journée, tout le monde le regardait de travers avec ses cheveux qui lui tombaient jusqu'aux fesses, et ses habits sombres, ornés d'insignes étranges que personne ne comprenait. En effet, le Kobaïen n'était pas très répandu sur terre. Seuls les plus grands et les plus poilus connaissaient cette langue étrange. Il démarra le "6 cylindres" de son énorme 4x4 et sortit en trombes de la cours de l'atelier. Cela faisait des années qu'il rentrait et sortait de la cours avec cette grosse voiture, et il n'avait plus peur de se cogner dans le murs, même si ça lui arrivait encore de temps en temps. Comme d'habitude, il prit la route qui longeait le canal. Il avait un endroit à lui où il pouvait jeter tranquillement ses corps, à l'abri des regards indiscrets. Généralement, il lestait les sacs poubelle avec des cailloux qu'il trouvait sur le bord, mais de temps en temps, il utilisait des parpaings. C'était plus difficile à trouver, mais c'était nettement mieux pour attacher les sacs poubelles. Il se souvint d'ailleurs qu'un fois, il avait attrapé un gamin qui l'avait surpris à jeter un corps dans le canal. Il l'avait justement attaché à des parpaings avant de le balancer dans l'eau. Mais ce qui était marrant, c'est qu'il avait mal lesté le corps et qu'il ne coulait pas. C'est alors qu'il avait décidé de découper l'enfant en petits morceaux et de les répartir dans des sacs poubelle. Depuis, il mettait toujours les corps dans des sacs poubelle. Quand il arriva à son cimetière personnel, il faisait complètement noir. Il dut allumer les phares de la voiture pour y voir un peu plus clair. Il se débarrassa rapidement des deux sacs poubelle et prit le chemin du retour. Il était épuisé par sa journée quand il arriva chez lui. Il alluma la télé, ouvrit un paquet de Pop Corns et resta à regarder des films d'horreur toute la nuit avant de s'endormir sur son fauteuil. 
Réagir à ce texte (e-mail à l'auteur) :
|