23/05/1999 - Maxime Prat
La dernière lettre du Messie

C'était un matin... Je me suis levé avec une étrange sensation : une force inconnue avait prit possession de mon corps et m'incitait à changer le monde. Toute la journée j'ai ressenti un malaise, mon destin m'appelait, ça ne pouvait pas durer il fallait en finir. Dans un premier temps j'ai voulu ignorer cette sensation surnaturelle, chasser de mon esprit ces pensées qui m'envahissaient. Mais plus je m'activais pour vidanger mon cerveau, plus la sensation était forte, presque nauséeuse. La nuit suivante je dormis très mal, me réveillant souvent avec toujours la même image à l'esprit : un hublot sanglant avec deux mots écrits rapidement: "Roger Legran". Epuisé, je me suis finalement approché de la fenêtre. Derrière, le monde entier était recouvert du sombre manteau nocturne qui exacerbe tout les sentiments. Je suis resté là, immobile... enfin le soleil est apparu derrière l'horizon inondant ma chambre d'une lumière chaude. Un fort rayon de soleil m'obstrua soudain la vue et je vis la face caché de mon rêve, tous les détails d'une mort atroce, la mort de cet homme dont le nom hantait mes nuits. Il était là devant moi, à la une du journal... une édition vieille de 10 ans qui flottait devant moi comme pour me rappeler quelque traumatisme que j'aurais réussi à oublier. Enfin la mémoire me revenait : Roger avait péri il y a 10 ans dans l'explosion de la première navette martienne. Non, je n'avais pas oublié... j'avais juste rangé ça dans un coin de ma tête pour essayer de vivre normalement. Comment aurais-je pu oublier que c'était moi le maudit mécanicien qui avait oublié son tournevis dans le réacteur ? Je n'avais pas oublié... juste refoulé. A la réflexion, je n'ai pas réussi à vivre normalement. Je suis toujours resté différent, un peu à côté de la plaque. Mais aujourd'hui tout allait changer, Roger m'adressait enfin la parole, assis sur un nuage. Une voix surnaturelle envahissait ma tête... une voix douce, apaisante qui me disait que tout était fini maintenant. J'étais l'élu, mon destin était bien clair : je devait libérer le monde, ramener l'humanité sur l'étoile noire. La solution était simple : il fallait faire comme il y a dix ans, mais en plus efficace, en plus radical. C'était très simple : faire sauter toutes les centrales nucléaires du globe. Vu les militaires chargés de la sécurité, la tache était facile. Pour obéir à la volonté de la voix, il fallait cependant quelques préparatifs pour éliminer tout risque d'échec. Après avoir étudié la centrale près de chez moi, je suis passé à l'action. Ca fait maintenant 3 ans qu'elle a explosé. Aujourd'hui je suis au bout du tunnel, pour terminer enfin mon histoire il ne me reste plus qu'un bouton à enfoncer.


Réagir à ce texte (e-mail à l'auteur) :
Prénom (obligatoire) :
Nom (obligatoire) :
E-Mail (obligatoire) :
Votre commentaire :

      


http://www.babelweb.be • Babelweb © 2001 - 2013 tous droits réservés