17/03/2002 - Anne Vive
Année érotique…

Ce matin-là, lorsque je détachai sans trop y faire attention un feuillet de mon calendrier éphéméride je me retrouvai, sans l’avoir cherché, dans mon année érotique puisque c’était mon anniversaire et quel anniversaire !

Je n’y fis pas attention sur le moment-même mais au cours des heures qui suivirent cette idée fit son chemin dans mon esprit et je me pris à penser à Serge Gainsbourg et à tout ce qu’il avait brodé autour de ce nombre au pouvoir à caractère hautement érotique. Et je me rappelai quand je fus moi-même confrontée pour la première fois avec cette expression sans trop savoir ce qu’elle signifiait. J’étais étudiante et devais avoir 14 ou 15 ans. J’avais déjà entendu autour de moi que ce nombre était souvent cité et j’étais curieuse de connaître ce qu’il recouvrait. Donc, ce fut une « grande » qui me « mit au parfum ». Je compris les mots mais ne pus, à l’époque, y mettre une image tant c’était encore abstrait pour ma compréhension. Ce ne fut que bien plus tard, lorsque j’eus personnellement goûté au « fruit défendu » que je pus m’adonner à cette pratique pour le moins curieuse lorsqu’on s’y livre pour la première fois.

Avec le recul et les expériences bonnes ou mauvaises que la vie nous « concocte » avec machiavélisme, je dois dire ici que si le sexe – puisque tel est son nom – est important pour l’épanouissement des hommes (et bien sûr des femmes !), on lui accorde des qualités très souvent surfaites. Qui peut dire que ce côté-là de sa vie est toujours au top, n’engendrant que des étreintes sublimes et sublimées ? Très vite, le quotidien reprend les choses en main (enfin si l’on veut) et il faut apprendre à accepter de redescendre sur le plancher des vaches.

Tel est bien le lot des humains, l’homme étant censé être le seul animal pensant. Donc si la sexualité seule est le moteur de notre vie, elle peut devenir monotone, triste et lasser. Il faut la conjuguer avec l’Amour qui seul peut transcender le sexe et lui apporter cette aura de bonheur, la quête suprême.

Je ne veux en aucun cas jouer les rabat-joie, mais lorsque je regarde autour de moi les comportements de la jeunesse, j’ai envie de pleurer parfois, tant cela me donne le cafard.

Apparemment de nos jours on ne vit plus que pour tout ce qui est « matériel » et le sexe ne fait pas exception à ce qui semble être une règle bien ancrée dans nos civilisations occidentales. « Je te plais, tu me plais », je te prends et rien d’autre. Je ne veux pas d’engagement à court ou à long terme (surtout pas à long terme). Combien ne déclarent pas « fais un bout de chemin ensemble » et « basta  » ?

Je ne suis plus jeune (vous l’avez deviné), mais je l’ai été et tout était assez différent à l’époque, à commencer par la vie professionnelle. Oui, en ce temps-là, on trouvait facilement un emploi répondant à ses qualifications, à ses goûts, au niveau d’études atteint, tout était plus facile, plus gai, on travaillait plus d’heures, mais le stress n’était pas le compagnon de chaque jour et il était rare qu’on se rende au « boulot » avec des pieds de plomb. La violence avait été canalisée pendant la 2ème guerre mondiale et nous n’éprouvions plus la nécessité d’y recourir pour un oui ou pour un non. On savait s’amuser d’une façon moins frelatée et si la drogue et autres paradis artificiels existaient déjà, ce n’était pas l’exemple à suivre.

Les rires ne sonnaient pas faux, le vin n’était pas frelaté et le reste était à l’avenant.

J’aimerais pouvoir donner aux jeunes un peu de cette joie de vivre qui nous habitait il y a 30 ou 40 ans, mais cela n’est pas de mon ressort et je le regrette. Que ne suis-je une bonne fée ou alors Samantha pour donner aux autres le goût du bonheur, faire naître un sourire heureux sur leurs lèvres, les entendre rire parce qu’ils sont contents, contents de vivre, de respirer un air pur, de fouler une terre non abîmée, mais actuellement tout cela n’est qu’utopie. Alors que dire : « courage », essayez d’être plus exigeants lorsqu’il s’agit de votre vie, de sa qualité, de votre environnement. Ne vous laissez pas mener ainsi par le bout du nez (même si ce nez descend sous la ceinture). Le bonheur se situe un cran au-dessus et ce serait si merveilleux si vous pouviez tendre vos efforts pour y accéder.

Excusez-moi si je vous ai barbés et merci si vous avez tout lu, j’en suis ravie et j’espère que ce que j’ai essayé de semer donnera une belle récolte.


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