02/08/2001 - Jean-Pôl Furic
Les Ousils - Chapitre 4 : Diplomatie
Le héraut franchit la porte du vortex suivi d'un souffle froid. Par sécurité, le tunnel se réduisit immédiatement à un petit point bleu flottant à un mètre du sol dans l'attente d'un nouveau passage. Herold avait tourné la tête dans la direction du transmetteur au moment même où le messager était apparu.
"Manquait plus que ca !" pensa-t-il. "Jaffar, amène toi, je crois qu'on a de la visite".
Jaffar quitta l'examen en grognant, il n'aimait pas les diplomates...
"Bandes de planqués, ceux-là nous envoient au feu alors qu'ils restent tranquillement protégés dans le Central Omnium".
- Herold Cash je présume ?, récita le diplomate de l'Imper.
Son attitude était emprunte d'un dégoût presque trop visible alors que son regard balayait, effaré, le champ de bataille.
- Oui, Herold Cash, effectivement, c'est pas joli joli ici, une vraie boucherie... Mais je ne pense pas que vous soyez venu pour constater personnellement les dégâts ?
Jaffar avait rejoint les deux hommes en enjambant plusieurs cadavres. Autour d'eux, dans un tourbillon glacé, une centaine de soldats des troupes d'élite avait pris position pratiquement instantanément en émergeant de leurs tunnels. Le diplomate constata le rapprochement de Jaffar et le salua d'un signe de tête avant de reprendre.
- L'Imper souhaite un rapport détaillé sur les événements survenus sur Rockberry, c'est la raison de ma présence et de ce déploiement de force. Ce que je constate ici en dit long sur la puissance de notre ennemi.
Il se tut un instant avant de reprendre
- D'ailleurs, je vais vous laisser quelques hommes afin d'assurer votre protection
- Mais..., tenta de couper Jaffar.
- Et cette disposition n'est pas discutable, lança le diplomate vers le jeune Thomeleg.
Herold fit discrètement signe à son coéquipier de calmer ses ardeurs.
- Votre magister, cette protection risque de ne pas nous rendre très discrets dans notre enquête vous ne croyez pas ? demanda Herold.
- Je n'ai pas, et vous non plus, à discuter les ordres venant de l'Omnium. Ces hommes savent se faire discrets, ils ont pour mission de vous protéger. De plus, nous vous avons, tout à fait de manière exceptionnelle, accordé un tunnel vortex... et vous savez que ce privilège n'est réservé qu'aux proches de l'empereur.
Herold et Jaffar furent bien obligés de remercier le diplomate de cet "impérial cadeau" et firent ensemble le constat que ce privilège allait grandement faciliter leurs déplacements. Le héraut salua les deux enquêteurs et pris congé avec un soulagement évident.
- Eh bien tu vois, nous voici à la tête d'une petite armée. Çà va te plaire çà non ?
Jaffar regarda Herold un peu surpris par sa remarque. Il ne savait pas comment prendre les dernières paroles de son collègue.
- En attendant, on ne sait pas trop par où commencer, on peut aller où on veut avec les tunnels... mais on n'a aucune piste sérieuse !
Herold était en accord avec son jeune coéquipier, il leur fallait trouver des indices plus probants et prendre le temps d'analyser sérieusement la situation. L'arrachant à sa réflexion, le chef des troupes d'élite lui signala la détection d'un véhicule non identifié en approche rapide.
- Les Ousils, ils reviennent !
- C'est notre chance, il faut tout faire pour entrer en contact avec eux ! lança Jaffar.
- Et pourquoi pas en capturer pendant que tu y es... pour les interroger ?
Herold se demandait si Jaffar n'était pas un peu dérangé. S'il ne s'était pas rendu compte de la puissance de ces Ousils. Les cadavres autour d'eux témoignaient sans aucun doute possible de leur férocité et de leur puissance destructrice et il ne songeait nullement à les affronter directement. Par pour le moment en tout cas, il leur fallait d'abord en savoir plus. Sans attendre, Herold ordonna un repli total. Dans un grésillement d'électricité statique, les tunnels s'ouvrirent pour accueillir les hommes de l'empire. Chacun s'y engouffra rapidement et, en une fraction de seconde, le vortex se referma sur eux pour les protéger.
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