02/08/2001 - Vincent Lagny
Les Ousils - Chapitre 3 : Un départ retardé

Le fait d'envoyer trois hommes au point A27 n'inquiétait nullement Borig.
Par contre la raison de cette expédition le tourmentait : Avait il oublié des ennemis ou étaient t-ils revenus entre temps ?
Les humains lui paraissaient assez simplets, mais leur entêtement les rendait parfois imprévisibles et tout ceci l'étonnait de plus en plus.
"Pourquoi résistent-ils ?" se questionna Borig.
La destruction systématique des postes avancés de la défense Jotyrienne ne s'était, jusqu'à lors, accompagnée d'aucun incident.
- Sergent Garov ! Gardez contact avec l'équipe dépêchée au point A27 et tenez moi au courant de leurs moindre faits et gestes.
- A vos ordres, mon Commandant .Acquiesça le militaire.
L'atmosphère sur le site de l'attaque se faisait de plus en plus lourde.
Les suffocations des combattants blessés.
Le bruit des armes et des véhicules. Les cris de douleurs, les ordres qui fusent.
Et ce ciel si calme et dégagé qui donnait une dimension irréelle à ce décor de désolation.
Les troupes avançaient progressivement tout en nettoyant le secteur de toutes les formes de vie présentes.
Une heure était passée quand soudain le Sergent Garov l'interpella :
- Mon commandant ! Mon Commandant, dit il en haletant, j'ai reçus des nouvelles de la permanence géostationnaire ...
- Alors ? demanda Borig.
- L'analyse plus profonde de la zone A27 prouve qu'il y a plus d'une centaine d'individus dans la zone ...
- Pardon ? répète moi ça plus clairement.
- La concentration d'individus au point A27 n'arrête pas d'augmenter, répondit-il en tremblotant, craignant une réaction de son supérieur.
Les muscles du corps de Borig se crispèrent. Ses yeux verts prirent de légers reflets noirs et ses dents se serrèrent comme un étau...
Il se demandait vraiment pourquoi il devait travailler avec des incapables pareils...
Il récupéra l'émetteur traînant sur le sol et appela la station.
- Espèce de crétin lubrique ! que se passe t-il ?
- Notre radar détecte ...
- Oui ça je le sais ! Mais d'où viennent t-ils ces putains de cloportes ? T'as inventé la génération spontanée ?
- Nous ne captons aucune présence d'un moyen de transport mécanique dans les environs, mon commandant ...
- Et où se trouve le véhicule de l'équipe que j'ai envoyée tout à l'heure ?
- Le véhicule se trouve à peu de distance de la zone critique ... il est d'ailleurs à l'arrêt selon toutes les apparences.
Borig se redressa brutalement et l'on entendit le craquement des ses articulations.
- Contactez immédiatement le véhicule et dites leur de battre retraite sur le champ !
- A vos ordres, mon Commandant ...
- J'ai dit : Immédiatement ! Espèce d'abruti ! , hurla t-il.
Borig fixait l'horizon, les yeux dans le vide, et le silence fut de plus en plus pesant.
La minute suivante lui paru durer un siècle et un sentiment de colère intense lui remonta doucement toute la colonne vertébrale...
- Mon commandant !
Cette parole fit sortir Borig de la léthargie qui le prenait doucement.
- Oui ? , dit il calmement.
- Le véhicule ne répond pas et nous n'avons aucun moyen de les contacter personnellement .
- Lieutenant ! , hurla t-il , regroupez une trentaine de soldats armés et valides et suivez moi au point A27. Colonnel Zarof, vous superviserez les opérations pendant mon absence ! Nous nous retrouvons dans 22 heures au point A30.
Borig se sentait coupable de ce qui pourrait arriver à ces hommes, et sa décision, quoi que non réfléchie, lui semblait la plus logique : Ils partirent à bord d'une navette vers le point A27.
Borig, en s'éloignant de la forteresse, regarda le champ de bataille et commença à maugréer au sujet de ses ennemis.


http://www.babelweb.be • Babelweb © 2001 - 2013 tous droits réservés