03/08/2001 - Michaël Doguet
Mémoire Morte - Chapitre 1 : Inconnu

Il se réveilla en sursaut.

Il était assis dans une petite pièce rectangulaire sans fenêtres. Il n'y avait qu'une porte à sa gauche, qui menait à l'extérieur. Les murs de la salle étaient d'un blanc sale. Quelques peintures de mauvais goût trônaient çà et là, achetées au rabais, et destinées sans doute à cacher des taches trop visibles. Au fond de la pièce, il y avait une grande caisse métallique, avec une porte, et des milliers de diodes clignotantes rouges et jaunes.

Il comprit assez vite que c'était un vieux M 720 de la Shun. Le tout premier à avoir possédé une interface humaine, se rappela-t-il. Sans aucun doute Miss Marrow. C'était presque le seul sur le marché à cette époque. Cela lui sembla assez étrange de trouver un M 720 encore en fonctionnement. Il aurait pourtant pensé que ce genre d'antiquités devaient être remplacées par des machines un peu plus sûres. Aujourd'hui, ils faisaient des miracles; l'ordinateur médecin M 720, lui, donnait une fois sur trois des diagnostics erronés.

Cependant, les clients ne devaient pas vraiment tenir compte de ces faits. On voyait d'ailleurs à leurs tenues qu'ils regardaient avant tout le prix, qui devait être ici très bas. En effet, la pièce était bondée. Lui était assis, mais beaucoup de monde se tenait debout, la face sombre ou laiteuse. Certains s'étaient même affalés par terre. A coté de lui, une vieille bonne femme lisait un vieux magazine de mode en reniflant sans arrêt. De l'autre coté, un homme d'une pâleur extrême regardait le plafond, la bouche grande ouverte. Il semblait ne plus respirer.

- Numéro trois cents quatre-vingt cinq, lança le jeune homme qui se tenait près de la machine médecin.

La femme à coté de lui laissa tomber sa goutte sur son magazine, et le ferma. Puis elle se leva, prenant soin de déposer le journal sur la chaise qu'elle venait de quitter, et entra dans le M 720. Aussitôt, quelqu'un se rassit à la place vacante, et commença à feuilleter le magazine.

Il préféra détourner la tête. Il vît qu'il avait un ticket dans la main: trois cents quatre-vingt six. Tant mieux: il n'avait plus longtemps à attendre.

Alors qu'il entendait un murmure de dégoût venant de la place précédemment libérée, son ancienne voisine sortit de l'ordinateur médecin. L'employé annonça son numéro, et il se leva.

Il dût se dégourdir un peu les jambes avant de pouvoir marcher vers le M 720. Cela devait faire un certain temps qu'il était assis là à attendre; mais à vrai dire, il ne s'en souvenait pas. Sans doute avait-il dormi assez longtemps. Il passa devant le type qui appelait les clients les uns après les autres, lui rendit son sourire bête, et entra dans la machine.

Il n'y avait pas de cloison qui fermait la machine. Il se dit que le jeune homme devait entendre tout se qui se racontait dans l'engin. Sans doute cela l'amusait-il de savoir qui a un cancer, qui est contagieux, qui a des verrues, ou toutes ces autres choses si amusantes.

L'intérieur du M 720 palpitait d'écrans, où défilaient, trop rapidement pour qu'on puisse tenter de les lire, des listings inutiles ou des radios usagées, voulant éduquer le client en lui montrant un poumon, un coeur ou un doigt de pied, et de diodes multicolores qui clignotaient, donnant à la bête un aspect de machine surpuissante. En fait, il n'en était rien, et la face fatalement neutre de Miss Marrow finit par apparaître sur le seul écran utile de l'engin.

Miss Marrow avait été la toute première interface humaine. Une révolution à l'époque, une nullité profonde maintenant. Les interfaces humaines étaient censées donner un semblant de vie aux machines, des expressions et un visage aux ordinateurs, mais Miss Marrow, avec sa figure fixe, faisait plutôt penser à un cadavre dont on bougeait les lèvres à l'aide d'un petit gadget caché dans sa bouche. Elle avait pourtant connu un succès énorme, et avait amené la Shun au sommet, d'où elle n'était d'ailleurs jamais redescendue, même après que Miss Marrow se fut démodée.

- Bonjour, articula celle-ci d'un ton neutre. Quel est votre problème?

Il dût réfléchir assez longtemps avant de savoir qu'il n'en savait rien. Oui, que faisait-il donc ici? Il se sentait bien, pourtant!

- Euh... briefing complet, lança-t-il, en se disant que sa longue attente ne serait pas ainsi complètement inutile.

- Bien, monsieur. Etude en cours, veuillez patienter, merci.

Miss Marrow fit semblant de sourire. Un sourire mal fait, qui faisait encore plus faux que son visage, pensa-t-il. On aurait dit qu'elle avait pitié et qu'elle compatissait, alors qu'elle était censée être le plus amicale possible.

Il y eut un léger grésillement à l'écran, et elle murmura, le regard noir et sérieux, comme il ne l'avait jamais vue, d'une voix complètement différente, beaucoup plus humaine:

- Vous avez des ennuis, Mor...

Un autre grésillement, et la voix morne, accompagnée de son visage faussement compatissant, revint.

- Votre analyse physique démontre que vous êtes en parfaire santé. Vous avez une aptitude particulière pour le tir à l'arc ou tout autre sport de visée: votre nerf optique est performant à 78 pour-cent. Voulez-vous que je contacte un club de tir à l'arc, monsieur?

- Non, répondit-il.

- Voulez-vous un autre sport qui soit dans vos aptitudes? Vos muscles se montrent puissants à 52 pour-cent, et vos os solides à 64 pour-cent. Vous pouvez vous orienter vers les sports de combat. Karaté, boxe, combat libre?...

- Non, rien.

- Le troisième doigt de votre pied gauche est bionique, monsieur. La qualité de ce produit est de six: vous êtes donc habilité à la course ou à la marche. Vos aptitudes physiques sont toutes aux normes en vigueur et vous pouvez pratiquer toute sorte de sport de niveau un ou deux. Votre coeur est cependant fiable à 93 pour-cent: vous ne pourrez donc pas pratiquer les sports d'endurance de niveau trois et supérieur. Votre analyse génétique montre que votre espérance de vie maximum est de cent vingt quatre ans. Le risque de crise cardiaque se montre supérieur à 50 pour-cent à partir de...

- Stop, coupa-t-il.

Il détestait qu'une machine lui expose toutes ses causes de mort prématurées. Il préférait attendre et voir ce que le destin lui réservait.

- Analyse mentale, ordonna-t-il.

- Bien, monsieur. Votre aptitude neurale est de 82 pour-cent. Vous êtes au dessus de la limite minimum pour les emplois de second niveau. Veuillez insérer votre carte d'identité pour mise à jour.

- Vous ne la trouverez pas, ajouta-t-elle après un grésillement, un sourire narquois aux lèvres. Je crois que vous devrez fortement revoir votre situation, mon ami. Mais nous nous reverrons sans doute...

Un autre grésillement et le visage redevint impassible.

- Quoi? s'exclama-t-il.

- Veuillez insérer votre carte d'identité dans la fente se trouvant en face de vous afin que vos caractéristiques physiques et mentales soient mises à jour. Cette mise à jour doit obligatoirement s'effectuer une fois par an, sous peine...

- ...d'annulation de citoyenneté, oui, je sais.

Il fronça les sourcils. Elle avait pourtant dit quelque chose d'autre: qu'il ne trouverait pas sa carte... Il fouilla rapidement ses poches, pris d'une crainte étrange. Il ne trouva rien. Même pas un vieux mouchoir abandonné.

Sa carte... Seuls les non-citoyens, les bannis de la société n'avaient pas de carte d'identité. Avait-il donc un QI trop faible pour être citoyen?

C'est à ce moment qu'il comprit d'où provenait sa peur: il n'en savait rien. Il ne savait d'ailleurs pas non plus son nom, ni son age, aucune chose de vraiment personnel, en fait. Evidemment qu'il ne souvenait plus combien de temps il avait attendu son tour, se dit-il, il ne se souvenait plus de rien. Il trembla. Miss Marrow interrompit ses pensées:

- Monsieur, vous n'avez pas inséré votre carte d'identité. Si vous n'en possédez pas, ou si vous ne désirez pas la mettre à jour maintenant, c'est votre droit. Votre analyse est terminée. Merci d'avoir utilisé une console médecin de la Shun, monsieur. Au revoir.

Puis, elle ajouta après un long silence:

- Vous pouvez maintenant quitter la cabine, monsieur.

- Je... oui, conclut-il.

Lorsqu'il sortit de l'ordinateur médecin, il vit que l'employé chargé d'appeler les clients par leur numéro le dévisageait d'un air étonné. Avait-il lui aussi entendu la voix étrange de... d'une autre Miss Marrow? Il faillit lui demander mais se ravisa: le pire, finalement, ce n'était pas qu'il entende des voix, c'était qu'il ne connaissait pas son propre nom!

Il continua son chemin, la tête baissée, vers la sortie du bâtiment. Il savait que le garçon continuait à le fixer. "Ce n'est pas bien d'écouter aux portes!" pensa-t-il avec un sourire triste. L'autre reprit finalement ses esprits et cria "Numéro trois cents quatre-vingt sept, s'il vous plaît, trois cents quatre-vingt sept"...



Le cabinet de médecin informatique se trouvait dans une assez grande artère, en tout cas très fréquentée. Il faisait nuit, et des centaines de badauds se croisaient dans la rue. Aucune voiture ne semblait vouloir circuler, et les piétons envahissaient la route avec joie. En face de lui, de l'autre coté de la route, un magasin de télés proposait des postes pour moins de cent cinquante crédits. Une vraie affaire, disait l'affiche. L'endroit était encore ouvert, et des dizaines de clients entraient ou ressortaient, la plupart du temps avec une petite boîte en carton sous le bras.

Il ne savait pas où il se trouvait, mais comprit assez vite qu'il n'était pas dans un quartier chic. La plupart des commerces étaient des boîtes de nuits, à part le médecin et les fameuses télés. De nombreux sans abris dormaient dans des vieux cartons contre les devantures de magasins fermés depuis des lustres et jamais repris. Une odeur rance de déchets s'étalait dans tout le quartier, et des putes mécaniques attendaient dans des coins sombres qu'on insère une carte de crédit dans leur petite tête métallique. Il se rappela avec un sourire qu'on les avaient qualifiées à leur sortie de vraies interfaces humaines: une blague qui tentait d'attaquer la jeune Shun, déjà puissante à l'époque.

En pensant à cette société, il regarda l'horizon tout autour de lui. Loin, très loin, dans les brumes sombres de la nuit, il aperçut la fabuleuse tour Shun, symbole de gloire immortelle, éclairée par des milliers de watts de projecteurs, afin que tous, semblait-il, ici, et dans tous les autres quartiers pauvres de la ville, on sache bien que c'était la Shun qui dirigeait tout.

C'était étrange: Il ne connaissait pas son nom, ni son âge, ni son adresse, pas même son visage. Pourtant il connaissait la tour Shun, il était capable de marcher, parler, compter... Il savait aussi qu'une télé à cent cinquante crédits ne pouvait que cacher une belle arnaque. Il savait qu'au dessus de sa tête, un lourde sphère transparente protégeait la ville des dangereuses poussières radioactives de l'extérieur. Il savait que plus haut, beaucoup plus haut, on se battait pour le développement de la race humaine à travers le cosmos.

Mais il ne connaissait pas la couleur de ses yeux. Il fut pris d'un rire nerveux.

Que pouvait-il faire, maintenant? Il avait découvert, en fouillant ses poches, qu'il n'avait ni argent, ni carte d'identité. Sans cette dernière, il ne pouvait pas travailler, et sans argent, il ne pouvait rien faire.

Partant de ce principe, il avança nonchalamment en direction du magasin en face de lui, histoire de voir à quoi pouvait ressembler la télévision à cent cinquante crédits - une affaire! - , il fallait qu'il fasse quelque chose, n'importe quoi, ou bien il deviendrait fou, il le sentait.



Un énorme téléviseur dernier cri trônait au milieu de la vitrine du magasin. Celui qui pouvait maintenant se considérer comme amnésique se dit que ce ne devait pas être celle-ci qu'on vendait à cent cinquante. Elle devait probablement juste servir à attirer le client. Il chercha le prix, et réussit à le trouver au bout d'un certain temps, bien caché derrière une affiche. Il indiquait trois mille cinq cent crédits. Le grand poste de télévision était allumé et diffusait un vieux film ennuyant. On pouvait entendre les paroles de la rue.

- S'il te plaît, je t'aime!...

- Oui, moi aussi, mais nous ne pouvons nous marier car...

La scène fut interrompue brutalement. L'écran de présentation du journal télévisé apparut aussitôt, accompagné du sous titre "flash spécial". Chouette, pensa-t-il. A défaut de connaître son identité, il apprendrait au moins les dernières nouvelles. Et peut-être parleraient-ils de lui: "Le célèbre milliardaire Untel est devenu amnésique et se promène en ce moment dans les banlieues pauvres...". En fait, il n'en était rien. Le présentateur avait pris son air le plus grave, un peu comme celui qu'il avait lorsqu'il annonçait un nouveau massacre dans les colonies.

- Nous venons juste de l'apprendre à l'instant, commença-t-il, avant une pause faisant monter le suspense. Le président de la firme Shun, monsieur Konrad Uter, est mort ce matin à l'hôpital de Sainte-Croix à 4city. Il y avait été admis la semaine précédente à la suite d'une crise cardiaque, et ne s'est finalement pas remis de cette attaque.

Le silence s'imposa dans toute la rue. Le gérant avait haussé le son afin que tout le monde entende bien.

- Konrad Uter, reprit le journaliste, sur un ton déjà un peu moins grave, était âgé de cent huit ans, et dirigeait encore les affaires de l'entreprise qu'aujourd'hui nous connaissons tous et qu'il avait créé voilà soixante quinze ans. La question de sa succession s'est déjà trouvée posée par les membres du conseil général de la Shun, tôt ce matin, après la mort du numéro un.

Le présentateur insista de la voix sur le fait qu'on avait réfléchit avant de prévenir la presse, ce qui, pour tout journaliste, était une véritable offense à la liberté.

- Le vote est allé vers monsieur Albert Rosentag, précédemment chargé des affaires coloniales de la Shun. Son poste n'a pas été encore remplacé et...

Le principal était dit. La rue reprit son activité nocturne normale, avec peut- être une surenchère d'excitation et une montée des murmures. Le vieux boss était mort, et Rosentag reprenait le flambeau. On s'attendait bien à ce choix, mais rien n'était vraiment sûr.

Albert Rosentag était l'homme idéal dans l'esprit de nombreuses personnes pour diriger la grande Shun. Il avait fait ses preuves en permettant le développement des colonies sur la Lune et sur Mars. De plus, il était parfaitement photogénique et très amical, contrairement au vieux grincheux qu'était Uter.

Le siège social de la Shun se trouvait à 4city et plus de la moitié des emplois de la ville dépendaient directement de cette société. L'autre moitié dépendait, elle, de la population vivant de la Shun. Aussi était-il extrêmement important pour ses habitants de connaître le successeur d'Uter. De lui résultait le succès de l'entreprise et donc de toute la ville.

La Shun jouait un rôle capital dans le développement de la planète et de ses colonies. Parti de rien au départ, Uter avait su profiter des modes et des changements pour imposer sa société au monde tout entier. C'était maintenant une énorme multinationale, qui investissait autant dans l'agriculture que dans l'électronique spatiale.

Lorsque la guerre contre les Schwarz avait débuté, la Shun avait aussitôt proposé son aide au gouvernement terrien. On lui avait confié la défense de colonies, qui couronnées de succès amenèrent la Shun à finalement s'occuper de la protection de la planète mère, la Terre.

Pendant cette même période, le conseil municipal avait demandé à la Shun de s'occuper de la protection civile, autrement dit: faire la police. Konrad Uter avait alors fait ce qui sembla à tous l'unique erreur de sa vie: créer la Shun Sec. La Shun Sec était en fait un organisme complètement détaché de la Shun principale, dite "mère". Aujourd'hui, des conflits d'influence ravageaient toute la ville, règlements de comptes et marchandages mafieux sévissant entre les deux Shun. Uter n'avait jamais voulu mettre fin à la Shun Sec, et on espérait que la venue au pouvoir de Rosentag permettrait un changement. Beaucoup de monde à 4city l'espérait en tout cas. Ils risquaient d'être forts déçus.

L'amnésique quitta des yeux le téléviseur et le présentateur qui balançait joyeusement l'inintéressante biographie de l'homme qui était mort.

- Chouette, murmura-t-il. et qu'est-ce qu'on fait maintenant?

Ne sachant que faire, il se mît à marcher le long du trottoir. Il commençait à se faire tard, et la rue se vidait rapidement. Il regarda sa montre - il en avait une!- qui indiquait trois heures dix huit du matin, du moins si elle était à l'heure. Les vieux lampadaires éclairaient moins la rue que les enseignes lumineuses des boîtes de nuit, qui fermaient les unes après les autres.



Trois heures quarante. Il marchait depuis vingt minutes, sans pour autant avoir une destination en tête. Il faudrait penser à dormir, mais où donc? Dans un carton, parmi les clochards? Il ne voulait pas descendre si bas, mais, comment pouvait-il savoir s'il n'était pas un sans abri? Il en était peut-être un, en fait.

Les rues étaient presque vides, et il ne préférait pas se risquer à interpeller quelqu'un: la plupart des gens titubaient ou marchaient comme de véritables zombies. Il était seul, en réalité, entouré de morts-vivants, qui ne réveilleraient sains d'esprit que le lendemain matin, une fois leur cuite - ou autre chose - bien cuvée.

Brusquement, on lui tapa sur l'épaule.

- Salut mon gars, lança un voix rauque et peu sûre.

L'amnésique sursauta et se retourna vivement. En face de lui se trouvait un vieil homme mal rasé et souriant.

- J'ai quelque chose pour toi... annonça-t-il doucement en mettant une main dans la grande poche de son veston usé.

L'amnésique décida alors que réfléchir serait le pire moyen de s'en sortir, et se mit à courir comme un fou dans la direction opposée à celle du clochard. L'autre cria quelque chose, qu'il ne comprit pas.

Pourquoi fallait-il donc que ça tombe sur lui? Pourquoi ce saoulard s'était-il attaqué à lui, et pas à quelqu'un d'autre? L'infortune lui tombait dessus à une vitesse effroyable! Et il ne savait pas encore ce qui l'attendait.

En effet, sa course folle l'envoya directement sous les roues de la seule voiture qu'il aie vue depuis qu'il était sorti du cabinet de médecin. D'ailleurs, il ne l'avait pas vraiment vue non plus, celle-là. Elle freina trop tard, et l'envoya plusieurs mètres en arrière. Il retomba douloureusement sur le bitume. Il sentit un liquide chaud couler le long de sa tête.

La dernière chose qu'il entendit ce jour-là était une voix de femme, demandant aux quelques badauds venus regarder l'accident:

- Est-ce qu'il est mort?

Personne n'en savait rien, et tout le monde s'en foutait. Il s'évanouit.


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