05/08/2001 - Aliza Claude
Extrémistes et République - Chapitre 3 : La fugue - Elaboration

- Benjamin...... Bénou ? Réveille-toi tu vas être en retard, mais réveille toi donc, sois gentil Bénou et lève toi vite !
Sa maman était déjà sortie de la pièce et Benjamin émergeait difficilement de son sommeil, il faisait de grands efforts pour ouvrir les yeux, il voulait beaucoup être un petit garçon obéissant. Ses parents avaient bien assez de soucis comme ça. D’un bond il sauta du lit laissant son avion à réaction bien au chaud sous les couvertures et déjà il riait. Prenant son élan pour courir jusqu'à la salle de bain il se figea net au beau milieu du couloir, la mémoire lui revenait. En faisant sa toilette il réfléchissait à ce qu’il avait entendu la veille au soir avant de s’endormir, qu'était il arrivé à Rémy ? L’ennui c’est qu’il ne savait pas comment en apprendre plus, ses parents lui cachaient beaucoup de choses soit disant pour l'épargner, pour certaines choses il était grand et pour d’autres il était petit. Ah la la c’que c’est compliqué les grandes personnes on sait jamais ou on en est avec eux.
Rémy était le meilleur ami de son père, Benjamin le connaissait depuis toujours. Mais depuis un ou deux ans Rémy ne venait pas souvent leur rendre visite, quand il venait c’était le soir trés tard, il venait quelques fois embrasser Benjamin à moitié endormi. Avant, Rémy était de toutes les fÍtes et de toutes les réunions de famille, c’est lui qui avait initié Benjamin aux avions : il était ingénieur aéronautique mais çà fait longtemps qu’il ne travaillait plus dans sa profession. Il parait qu’il vivait dans la clandestinité mais Benjamin ne savait pas pourquoi et maintenant on apprenait qu’il avait été tué. Mais pourquoi ? Comment? C’était pas juste se disait Benjamin qui avait la gorge serrée et les yeux picotants en regardant ses parents tristes et silencieux.
Son cartable sur le dos le voila parti pour l'école. Il avait un long trajet à faire, il devait mÍme prendre le métro. Sa maman n’aimait pas beaucoup cela bien que ce soit sans changement. Lui il aimait bien. A la sortie du métro Michel-Ange Molitor il longeait la rue Michel-Ange jusqu'à l'école, il s'exerçait à faire tout le chemin à cloche-pied il avait déjà réussi trois fois cette performance. Ce qu’il n’aimait pas du tout c’est quand il croisait des “crânes rasés”. Il se croyait obligé de mettre ses deux pieds à terre et de marcher normalement, il ne savait d’ailleurs pas pourquoi il avait peur d'eux. Toujours est il qu’il se mettait à raser les murs lorsqu’il les voyait.
Benjamin n’aimait pas trop cette école où il était depuis deux ans, les gamins étaient trop crâneurs, il y avait des bandes à part qui se voulaient sélectives, des pénissiens quoi, comme on disait aujourd’hui, mais il parait qu’il ne fallait pas le dire trop haut sinon on était mal vu. Benjamin d’ailleurs ne comprenait pas pourquoi, il avait regardé dans le dico l’origine étymologique du mot, et alors ? Heureusement il y avait dans sa classe une petite fille blonde au grands yeux bleus qu’elle posait sur lui avec insistance. Il ne savait pas pourquoi mais quand elle le regardait il se sentait fondre et il ne pouvait pas soutenir son regard plus de 15 secondes. Camille........ c’est son nom, Caaamiiiiille se chantait il secrétement et doucement dans son coeur. Sans elle il n’aimerait pas du tout venir à l’école. Pourtant ils ne se parlaient pas beaucoup, les autres se seraient moqués d’eux si ils savaient leur attirance.
L’école était un C.D.A.S.S. soit un centre d’éducation appliquée pour surdoués de souche. Il était trés difficile d’être accepté dans cette école et Benjamin ne comprenait vraiment pas pourquoi c’était si important pour ses parents. Lui, il aurait préférer continuer à aller à l’école de son quartier. C’était plus “cool” là bas. Sur son carnet d’appréciations, qu’il devait faire signer par ses parents chaque semaine, il y avait un cachet avec un grand Q.I. et sur le carnet de Camille il y avait un grand S. Ce qui représentait les critéres d’admission à l’école, il fallait être au moins la huitiéme génération née en France ou avoir un quotient intellectuel d’au moins 140, ce qui était le cas de Benjamin. Dans sa classe aucun enfant ne répondait aux deux conditions mais il y en avait quelques uns dans d’autres classes.
Benjamin arriva juste au moment ou le clairon sonnait annonçant le début des cours. En courant il se faufila prés de Camille qui le caressa d’un sourire furtif. Le regard ailleurs elle lui glissa un petit papier roulé dans la main, son geste se perdit dans la bousculade matinale. Ils avaient pris l’habitude de se passer des messages comme ça presque tous les jours. En s’installant à son pupitre et se cachant derriére son ordinateur il déplia habilement le message. De sa petite écriture pointue Camille avait noté:
“J’ai envie d’aller à la découverte des rues de Paris tu viens avec moi? ”
Benjamin ahuri resta soucieux, elle était dingue cette fille ou quoi ? Si sa mére apprenait qu’il avait un tant soit peu changé son itinéraire elle serait folle d'inquiétude. Elle en avait des idées tordues cette nana. Il releva la tÍte, Camille le regardait d’un air malicieux et provocateur......il fit signe de la tÍte qu’il était d’accord.


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